Je ne suis pas sérieux, du haut de mes huit ans
Dramatiser, compter, plus tard j’aurai le temps.
Je suis, faut bien l’avouer, une vraie tête à claques,
Mais je trouve ça marrant de sauter dans les flaques !
Quand je rentre, hilare, et tout éclaboussé,
Ma mère s’écrit « encore ! », le regard courroucé.
Juste cinq-six flaques, je ne comprends pas pourquoi
Elle s’énerve et s’exclame qu’il n’y a pas de quoi
En rire
Je ne suis pas sérieux, j’ai quand même trente ans
Un peu tête en l’air, rêveur, les trois-quarts du temps.
Mon patron s’étrangle et s’arrache les cheveux…
Il désespère, fait des prières et autres vœux.
Ce n’est pas de ma faute si j’oublie rendez-vous,
Dossiers, portable, agenda… Etourdi ? J’avoue !
Arriver en chaussons, mon dernier tour de force,
Tous mes collègues en ont mal au ventre à force
D’en rire
Je ne suis pas sérieux, bientôt j’ai cinquante ans
Je sifflote, je fredonne, je chante tout le temps.
Clé de sol, do dièse, je me mets à la musique !
Mon choix ? L’accordéon, instrument sympathique.
Mon prof, patient, aimable, confiant au premier cours,
Au dixième, excédé, appelait au secours.
Appliqué, je rejouai, faisait de mon mieux
Mes fausses notes, désolé, il valait mieux
En rire
A quoi bon être sérieux, trop tard, j’ai soixante-dix ans
Espiègle, joueur, je vis en me marrant.
Je saute dans les flaques, vrai petit polisson,
Essayez, vous verrez, c’est mieux en chaussons !
J’invente mes histoires, je découvre, je crée
Ma réalité est une grande récré
Je grignote le bonheur petit à petit
Pas sage, gourmand de la vie, j’ai pris le parti
D’en rire
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